“Le contexte actuel accélère le tournant numérique des secteurs de la culture et du patrimoine” – Maelys Jusseaux (Minsar)

Si la réalité virtuelle peut sembler parfois un repère de geeks, la société française Minsar (créée en 2016 par Soraya Jaber et Thomas Nigro) a entrepris d’en démocratiser l’accès pour les entreprises et les créateurs. Disponible sur la plupart des appareils existants (de nos smartphones aux casques VR ou MR), l’application Minsar Studio est une interface de création d’expériences immersives.. Sans un brin de code!

A l’occasion du prochain salon Virtuality Experience, qui cette année se déroule 100% en ligne et en accès gratuit pour les professionnels du 2 au 4 décembre, nous avons pu discuter avec Maelys Jusseaux, qui travaille sur le sujet des nouvelles technologies au service des univers culturels chez Minsar.

Minsar Studio, un vrai outil pour les créatifs

Maelys Jusseaux – Minsar Studio est une application qui permet de créer et diffuser des expériences de réalité augmentée et virtuelle sur toutes les plateformes compatibles XR, et sans une seule ligne de code ! Initialement imaginé pour être utilisé dans les casques VR/MR (HoloLens, Quest…) nous avons développé une version pour smartphones et tablettes. Il y a 4 ans nous avons débuté par le secteur culturel et le patrimoine, des institutions comme le Centre des Monuments Nationaux ou le Musée des Arts Décoratifs pour leur apporter des solutions innovantes, notamment pour la médiation avec les publics.

M. J. – En 2017 nous avons créé pour le Centre des Monuments Nationaux au Château de Pierrefonds une application de médiation sur HoloLens. Une première expérience de réalité mixte pour la culture en Europe ! Nous avons produit d’autres expériences depuis pour des musées, comme aux Arts Décoratifs pour la Nuit des Musées, ou au Musée d’archéologie nationale dans le cadre de ses Journées nationales. Le contexte actuel accélère le tournant numérique de nombreuses institutions.

M. J. – Depuis, nous avons développé notre activité dans de nombreux secteurs, notamment avec des artistes, mais aussi des agences de création, pour leur proposer de nouveaux supports de création. Récemment nous avons collaboré avec le designer de mode Steven Passaro qui souhaitait présenter sa dernière collection de façon innovante mais aussi écologique. Cela lui a donné un vrai avantage dans sa phase de prototypage pour ne pas “gaspiller”, et présenter ses modèles via un carton d’invitation.

Le B-A-BA de Minsar Studio : comment ça fonctionne ?

M. J. – L’accès à Minsar Studio se fait assez simplement, en téléchargeant l’application sur son device, puis se créer un compte en quelques étapes très simples.

M. J. – Minsar Studio est un outil de storytelling et de scénographie conçu pour s’intégrer dans le workflow des créatifs. On importe ses contenus 3D, 2D, vidéos, sons pré-existants depuis des espaces comme Dropbox, Google Drive ou Sketchfab entre autres. Qu’on soit en réalité virtuelle ou sur son téléphone, l’application met ensuite les assets en espace dans le lieu physique où on se trouve – ou l’environnement en AR. On ne crée pas directement de contenus in situ dans Minsar Studio, mais on va pouvoir organiser son expérience de A à Z, imaginer sa scénographie avec tout un panel d’actions proposées dans l’app. Les éléments vont pouvoir interagir et développer un vrai storytelling.

M. J. – L’objectif final est de pouvoir donner accès à son expérience par un lien ou un QR Code et de le visualiser depuis son navigateur ou encore sur notre app de viewing XR View. Ou encore même exporter cette expérience sur SparkAR pour la partager directement sur Instagram. Toute l’idée de Minsar Studio est de démocratiser l’accès à ses technologies avec une volonté no-code pour les utilisateurs. Toute l’architecture, la machine derrière, est transparente pour les créateurs.

Un marché immersif en devenir

M. J. – L’accès pour le grand public aux casques VR/MR reste très complexe au regard du coût d’achat, notamment pour la réalité mixte. Depuis un an et demi on peut voir une nette évolution sur ce point avec l’arrivée de l’Oculus Quest ou prochainement des lunettes Nreal à moindre coût, plus léger, standalone. Mais il faut aussi sensibiliser le public aux nouvelles technologies, et l’émergence de nouveaux événements aide énormément (notamment Virtuality). Plus les technologies immersives seront montrées, plus l’idée de les découvrir se fera.

https://twitter.com/OpuscopeLabs/status/1319618032944238592

M. J. – Un troisième facteur concerne directement nos actions chez Minsar, et c’est le processus de création des expériences. Aujourd’hui il y a peu de contenus, surtout parce que c’est complexe, technique, coûteux et chaque production doit s’adapter aux nombreuses plateformes de distribution. L’écosystème XR n’est pas encore standardisé : avec Minsar Studio c’est un objectif de proposer un outil unique pour créer et diffuser ses expériences. Nous développons notre propre communauté autour des nouveaux supports de création, et grâce à un engouement propre à l’industrie immersive !

@ Dabatase

Laisser un commentaire

@ Magazine

Edito⎜Innovation : 104factory ouvre ses portes 

Les 6 et 7 décembre 2024, 104factory a ouvert ses portes pour la 8ème année consécutive de l’Open Factory. Une occasion rare de rencontrer les différentes entreprises – créatives et culturelles à impact écologique et sociétal – sélectionnées et accompagnées

« Je ne peux pas démarrer un projet interactif sans imaginer la forme et le fond en même temps » – Camille Duvelleroy (LADY SAPIENS)

Camille Duvelleroy est une scénariste et réalisatrice d’histoires interactives. Avec près de 10 ans de création, à travers toutes les modes, ses projets ont abordé – tous supports confondus – les réseaux sociaux (ETÉ, 2017-2018), la bande dessinée interactive (PANAMA

Atlas V dévoile Astrea, un nouvel acteur mondial de la distribution XR

La société française de production de contenus immersifs Atlas V annonce le lancement d’une structure jumelle dédiée à la distribution de contenus immersifs – en publishing et vente à destination des diffuseurs, des salles LBE et des événements. Dix-huit mois

“Montrer l’invisible et faire entendre l’inaudible” – Fabienne Giezendanner (BLOOM)

Présenté en première mondiale le mois dernier au GIFF 2023, dans le cadre de la compétition internationale d’expériences immersives, BLOOM est un voyage profondément spirituel qui invite l’utilisateur à contempler la vie et à reconnaître les formes sous lesquelles elle

“Le lieu reste un élément essentiel dans la fabrication de nos expériences” – David Harari (Dama Dreams)

On peut être producteur de contenus interactifs et s’imaginer dès le départ comme exploitant de lieux de divertissement. Cette évolution paraît naturelle quand on parle d’escape game et de spectacles, pour maîtriser à la fois la création et la distribution

« Il faut défendre l’indépendance de création en réalité virtuelle » – Michel Reilhac (Venice VR Expanded)

La section Réalité Virtuelle du festival de Venise (La Mostra, inclue dans la manifestation artistique plus globale appelée la Biennale) revient en 2021. Pionnière du genre parmi les festivals de catégorie A, Venice VR sera de nouveau étendue cette année