“Avec GOLIATH nous voulions proposer un documentaire interactif avec une narration innovante et inédite” – Katayoun Dibamehr (Floréal Films)

C’est assez inédit pour le souligner : une société française – Floréal Films – signe un doublé à la Mostra de Venise, section Venice VR Expanded! Après THE HANGMAN AT HOME en 2020, c’est GOLIATH signé Barry Gene Murphy et May Abdalla (Anagram) qui repart avec le Grand Prix VR.

Rencontre avec sa productrice Katayoun Dibamehr (qui a cofondé Floréal Films avec Avi Amar), tout juste de retour du Lido – et déjà en train de finaliser le programme du prochain Festival nouveau cinéma, section Explore dont elle est la programmatrice.

Nous avions rencontré en 2019 les créateurs de GOLIATH à l’occasion des ateliers de la Biennale College – “Feel the narrative in your skin” – May Abdalla & Barry Gene Murphy (GOLIATH) et ce mois-ci autour de la version finale du projet.

GOLIATH et THE HANGMAN : un doublé immersif à Venise !

Katayoun Dibamehr – Remporter le Grand Prix deux années de suite, c’est assez fou. Mais c’est avant tout grâce au travail et au talent des artistes avec qui nous collaborons ! On sort de trois années très denses, très fatigantes aussi, mais en accompagnant des gens fascinants sur des projets passionnants, ça nous donne beaucoup d’énergie pour avancer. Et se voir ainsi récompensé à Venise… C’est très stimulant! Et c’est vrai que ce sont les artistes qui sont les moteurs de nos aventures. L’exigence artistique et technique sur GOLIATH nous laisse penser qu’il aura une belle carrière en diffusion, car on croit beaucoup à la qualité de l’expérience.

K. D. – J’ai rencontré May et Barry lors de nos séjours à la Biennale College, et j’ai été immédiatement séduite par leur projet. J’avais découvert leur travail (celui d’Anagram, ndlr) dès 2014 à Tribeca. Comme pour THE HANGMAN… Il faut évidemment anticiper le regard sur de telles œuvres, plus ou moins conceptuelles, qui demandent un vrai investissement du public, une envie d’exploration. Avec GOLIATH, c’est sans doute plus facile avec son approche plus énergique, un design terriblement engageant, proche du jeu vidéo, une qualité artistique, des séquences et des univers diversifiés…

Construire une coproduction internationale

K. D. – Les collaborations de Floréal se font souvent autour de coups de cœur artistiques. Avec Anagram, comme Michelle et Uri Kranot, on a eu de nombreux échanges, on s’est lié, découvert avant de travailler ensemble. Et dès qu’on commence un projet, on veut poser les choses, passer par des prototypes, des boards pour que l’approche (et la discussion) artistique soit maximum. On veut absolument que ce soit la qualité qui prime, et on doit se donner le temps autour de ces premières étapes essentielles. Notre critère principal, c’est d’avoir un storytelling fort. Mais la qualité de nos projets tient aussi à l’expérience de nos auteurs, qui travaillent souvent depuis longtemps pour le cinéma ou la télévision. C’est un gage d’efficacité, de gain de temps.

K. D. – Et il y a notre propre apport au projet qui est une discussion importante aussi. Pourquoi coproduire avec la France ? C’est fondamental aussi. Avec Anagram, l’objectif était de ne pas collaborer avec de gros studios, mais de monter un collectif de talents indépendants – à côté de leur propre équipe à Londres. Et ça a été notre travail de réunir cette équipe de développeurs et artistes 3D en France, à distance pour la plupart. On peut évidemment citer Léon Denise (7 LIVES), Benjamin Vedrenne… On a de la chance en France d’avoir beaucoup de profils intéressants en France, qui connaissent déjà la création XR.

K. D. – C’est vrai que ces dernières années Floréal a tissé un réseau international avec nos projets : les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande (MINIMUM MASS), le Royaume-Uni… On a eu de la chance de trouver des pays où les coproductions se sont faîtes facilement, avec des écosystèmes qui encouragent cela. Mais cela existe de plus en plus, notamment avec Londres qui est très engagé sur la XR. Nous regardons évidemment les prochains pays où des artistes nous intéressent, où nous pourrions monter nos prochains projets. Où retrouver certains de nos auteurs pour de nouvelles aventures…

Quelle est la recette de Floréal Films ?

K. D. – J’assume complètement le fait de travailler sur des sujets du réel, d’utiliser la fiction pour raconter la réalité de certains problèmes ou certaines causes. THE HANGMAN AT HOME, mais surtout MINIMUM MASS et GOLIATH sont le reflet de cette envie. Nous ne faisons pas de documentaire, ce n’est pas notre métier. En venant de la fiction, on veut avoir un impact plus grand sur le public en l’emmenant dans nos histoires. Et avec Avi on peut être très dur sur le scénario, sur le document central de la narration guidant les choix artistiques qui suivent.

K. D. – Pour la suite nous travaillons sur le prochain film (de long-métrage) de Michelle et Uri Kranot, les auteurs de THE HANGMAN AT HOME et WE ARE AT HOME. Nous étions également à Venice VR cette année pour le Gap Financing où nous présentions BLOOD SPEAKS: THE BIRTH OF A SUPERHERO de Poulomi Basu et CJ Clarke – un projet également très actuel autour de la menstruation féminine et les tabous que cela entraîne, créé par une artiste venu de l’art contemporain, soutenu par Oculus VR For Good. Et bien sûr, en France, CONAN LA BARBARE avec Bertrand Mandico qui se tourne dans quelques semaines !

@ Dabatase

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