“En adaptant une série de tableaux, nous avons voulu nous approprier le contexte de leur création » – Martin Charrière (UNFRAMED: HAND PUPPETS – PAUL KLEE)

Le très créatif DNA Studios en Suisse n’est plus novice en matière de production immersive, et notamment avec sa série Unframed qui explore les œuvres de peintres reconnus (suisse !) en réalité virtuelle. Depuis 2017 le réalisateur (et co-fondateur du studio) Martin Charrière a ainsi mis en dimension et de différentes façons des tableaux d’Arnold Böcklin, Félix Vallotton, Ferdinand Hodler et donc Paul Klee. HAND PUPPETS, découvert au GIFF 2021, est l’un de nos coups de cœur de l’année.

A propos de DNA Studios

Martin Charrière – DNA Studios est à l’origine orienté vers le jeu vidéo, avec des compétences 2D/3D, Unity, de réalisation. Avec l’arrivée de la réalité virtuelle en 2015, c’était important pour nous de nous y essayer. La Radio-Télévision Suisse (RTS) avait à l’époque un incubateur qui nous a permis de développer le premier épisode de notre série HORS CADRE autour des peintres suisses. L’objectif était d’expliquer le tableau, son contexte, en VR. Après un prototype nous avons pu produire avec la RTS les trois premiers épisodes, avec lesquels nous avons franchi les différents paliers de la narration immersive – du film 360 à l’expérience interactive.

M. C. – Aujourd’hui, on sait quels sont les financements existants pour nos projets. C’est une chance ! En Suisse on est encore assez isolé entre créateurs. J’espère qu’on pourra tisser plus de liens avec la scène existante (qui grandit bien depuis 10 ans), entre les appels à projets.

HORS CADRE : une série en évolution avec le secteur

M. C. – Nos compétences se sont développées avec l’essor des technologies. Le 3e film HORS CADRE (pour Oculus Go) a été l’occasion d’essayer le déplacement. Si ça n’était pas toujours concluant, ça nous a mené au projet sur Paul Klee. Avec HAND PUPPETS, il y avait l’idée d’explorer à la fois les marionnettes, un rapport à l’échelle de l’histoire, les textures des objets mais aussi le passé de l’artiste. On ne veut pas seulement faire une version en réalité virtuelle des tableaux, mais raconter leurs histoires. C’est quelque chose qui, pour nous, manque parfois dans les musées ; le contexte de l’œuvre.

M. C. – Les marionnettes, c’était aussi l’occasion de découvrir une face cachée de Klee. C’était initialement destiné à son fils, en marge de sa peinture. Nous avons eu la chance de pouvoir photographier les marionnettes originales au centre Paul Klee (à Berne), qui nous ont servis de références visuelles (photo) pour texturer et modéliser les marionnettes 3D du film.Nous avons alors eu l’idée de créer des décors liés aux œuvres de Paul Klee pour leur donner vie dans un environnement plus grand. Ce qui était un challenge pour modéliser et texturer l’ensemble ! Il a fallu créer des textures à partir des tableaux de l’artiste, qu’on a appliqué sur les modèles à animer sans avoir à personnaliser les textures à chaque fois.

M. C. – On a envisagé à un moment d’engager un marionnettiste pour faire bouger les marionnettes (dans un esprit « théâtre de marionnettes) puis les scanner. Mais c’était trop complexe ; heureusement nous avons trouvé un logiciel, Tvori, pour les animer en temps réel et en VR directement (avec les manettes). On a recréé de l’animation physique, mais en virtuel ! C’était plus rapide, mais aussi plus spontané que d’autres solutions.

Tester le médium immersif

M. C. – Sur la plus longue séquence, il y a beaucoup de vie, et plein d’histoires secondaires. Pour pas que le spectateur soit perdu, mais qu’il puisse profiter de la richesse de l’œuvre, on a choisi de suivre le personnage central avant tout, pour tout faire converger en fin de séquence. Le spectateur pourrait tout revoir en regardant ailleurs, et voir des histoires secondaires – en croisant à chaque fois Paul Klee. Idéalement, on aurait aimé proposer cela dans un lieu physique, et dans les festivals en Suisse et à l’étranger.

M. C. – Chez DNA on produit des projets qui ont du sens, de tester le médium immersif sans se limiter à un imaginaire. Avec la série HORS CADRE c’est aussi l’idée de partir d’un matériel d’origine, d’une histoire préexistante. Tout en respectant l’aspect visuel ! La prochaine étape pour nous c’est les possibilités offertes par les nouveaux casques comme le Quest, la spatialisation, le multi-joueur…

@ Dabatase

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